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Février 2006

Le télétravail sur la pente ascendante

En provenance des pays nordiques, la pratique se développe en France de façon exponentielle. Regards croisés sur une expérience rhône-alpine.

Bien loin des chiffres recensés dans les pays nordiques - plus de 20 % de télétravailleurs aux Pays-Bas - le télétravail gagne du terrain dans l’hexagone où l’on estime le nombre de personnes pratiquant cette formule à plus de 2 % de la population active. L’Auvergne et Rhône-Alpes représenteraient de l’ordre de10% de ce total.

« Le télétravail pâtit de sa méconnaissance » est convaincu un chef d’entreprise de la région lyonnaise qui, depuis cinq ans, confie l’intégralité de sa comptabilité à une télétravailleuse. « A l’époque, j’ai notamment choisi cette formule parce que je n’ai pas de bureaux », explique ce patron d’une entreprise de BTP qui emploie huit personnes. « Que des ouvriers à part ma comptable télétravailleuse ». Aussi Jacques réalise-t-il lui même les devis qu’il transmet par Internet à sa comptable.

Cette dernière gère depuis chez elle l’édition des factures et la gestion des commandes et des déclarations sociales et fiscales. « Mon patron me communique par Internet ou par téléphone, la liste des chantiers qu’il entreprend et en fonction je passe les commandes des matières premières auprès de fournisseurs qui m’envoient leurs factures par Internet », détaille la comptable ravie de pouvoir gérer son temps comme elle le souhaite. « La semaine dernière, la maîtresse de mon fils a été absente deux jours. En étant à la maison j’ai pu m’en occuper. L’essentiel est que le travail soit fait. Peu importe s’il est fait à deux heures du matin ou entre 10 heures et midi », sourit Sylvie qui estime que le télétravail lui a permis d’augmenter son pouvoir d’achat «d’au moins 20%» par rapport à une activité salariée classique. Après avoir opté dans un premier temps pour le régime du portage, Sylvie a créé sa micro entreprise et parvient à travailler avec «plusieurs donneurs d’ordres».

Quant à son patron, il n’a pas eu à aménager de bureaux dans son entrepôt et parle volontiers «d’économies considérables et de simplicité». «Je paie une facture en échange d’une prestation point final», résume-t-il.



Propos recueillis par Françoise SIGOT

 
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